top of page

Article

C'est pas parce qu'on comprend
qu'on doit accepter (abus, toxicité...)

Si vous êtes du genre à trouver des excuses aux gens lorsqu’ils vous font du mal, vous avez peut-être déjà eu ce genre de réflexion :

« Oui, il m’a parlé comme une merde… Mais en même temps, j’ai fait ça avant, donc c’est peut-être un peu ma faute s’il a réagi comme ça. »
 

Peut-être que vous reconnaissez que la personne s’est mal comportée.

Mais presque immédiatement, vous trouvez une raison pour laquelle elle avait le droit de le faire.

Vous n’avez pas été assez clair... Vous l’avez déçue... Vous avez commis une erreur avant... Vous l’avez probablement blessée sans le vouloir...

Et puis elle a vécu des choses difficiles. Elle souffre. Elle n’est pas fondamentalement méchante. Elle a aussi fait énormément de bonnes choses pour vous.
 

Donc vous finissez par vous demander si vous n’avez pas un peu cherché ce qui vous arrive.
 

Le problème, c’est qu’en raisonnant comme ça, vous risquez d’accepter des comportements qui ne sont pas acceptables sous prétexte que vous avez peut-être, vous aussi, une part de responsabilité dans l’histoire.

Vous pouvez être coupable sans que l’autre devienne innocent

Imaginons que vous parliez mal à quelqu’un.

Vous êtes agacé, vous répondez sèchement et vous le blessez.

Oui, vous avez une responsabilité.

Vous avez mal parlé. Votre comportement a eu un impact sur cette personne et vous devez pouvoir le reconnaître.
 

Mais cela ne signifie pas qu’elle possède désormais un crédit illimité lui permettant de vous insulter, de vous humilier, de vous frapper ou de vous faire payer votre erreur jusqu’à la fin des temps.

Votre mauvaise action reste une mauvaise action, et la sienne aussi.
 

Nous avons tendance à imaginer les conflits comme des histoires avec un gentil et un méchant. Une victime et un coupable. Et dès que nous avons trouvé lequel des deux personnages nous incarnons, tout le reste de l’histoire doit rentrer dans cette répartition.
 

Si vous avez fait quelque chose de mal, l’autre devient la victime.

Et si l’autre est la victime, il ne peut plus vraiment être coupable de ce qu’il fait derrière.
 

Seulement, dans la vraie vie, les rôles ne sont pas aussi propres.

Vous pouvez avoir blessé quelqu’un et subir ensuite une réaction complètement disproportionnée.

Vous pouvez être victime d’une situation et mal vous comporter dans la suivante.

Vous pouvez avoir vécu des choses terribles et rester responsable de la manière dont vous traitez les gens.
 

Les deux peuvent exister en même temps.

Une explication n’est pas une autorisation

Comprendre pourquoi quelqu’un se comporte mal peut être utile.

Peut-être que cette personne a peur d’être abandonnée.

Peut-être qu’elle a vécu des relations difficiles.

Peut-être que votre comportement a réveillé chez elle une blessure très douloureuse.

Tout cela peut expliquer sa réaction.
 

Mais l’explication ne transforme pas automatiquement son comportement en quelque chose d’acceptable.
 

Quelqu’un peut avoir une très bonne raison d’être en colère et tout de même choisir de vous traiter comme une merde.

Quelqu’un peut sincèrement souffrir et vous faire du mal.

Quelqu’un peut être adorable avec vous pendant des mois et dépasser une limite importante aujourd’hui.

Les bonnes actions ne sont pas des points de fidélité que l’on peut ensuite échanger contre une mauvaise.

Vous n’avez pas à faire une moyenne générale de la personne pour savoir si vous avez le droit de refuser ce qu’elle vient de faire.


Une mauvaise action reste une mauvaise action, même lorsqu’elle est commise par quelqu’un de gentil.

Analysez les actions séparément

Lorsque vous commencez à culpabiliser à la place de quelqu’un, essayez de ne pas mélanger toute l’histoire dans un gros paquet.

Regardez d’abord ce que vous avez fait.

Est-ce que vous avez menti ? Mal parlé ? Blessé la personne ? Dépassé une limite ?
 

Si oui, vous pouvez reconnaître votre responsabilité, présenter des excuses ou réparer ce qui peut l’être.
 

Puis regardez séparément ce que l’autre a fait :

Est-ce que sa réaction respecte vos limites ?

Est-ce qu’elle cherche à résoudre le problème ou à vous punir ?

Est-ce qu’elle vous parle d’une manière que vous considérez comme acceptable ?
 

Votre erreur ne disparaît pas parce que l’autre a mal réagi.

Mais la responsabilité de l’autre ne disparaît pas non plus parce que vous avez merdé en premier.
 

Vous n’avez pas besoin de prouver que vous êtes parfaitement innocent pour avoir le droit de dire :

« Là, ce comportement n’est pas acceptable pour moi. »

Votre culpabilité ne doit pas décider de vos limites

Si vous culpabilisez très facilement, cette confusion peut devenir dangereuse.
 

Il suffit que quelqu’un vous rappelle une erreur, insiste sur sa souffrance ou vous présente comme le méchant de l’histoire pour que vous commenciez à douter de votre droit à vous défendre.
 

Vous pouvez alors accepter des insultes, des pressions, des gestes ou des comportements que vous auriez immédiatement trouvés anormaux s’ils arrivaient à quelqu’un d’autre.
 

Pas parce que vous pensez réellement qu’ils sont acceptables.

Mais parce qu’une petite voix vous souffle :

« Peut-être que je l’ai mérité. »

Et cette culpabilité devient une porte d’entrée très pratique pour vous manipuler.
 

Ce n’est pas parce que vous avez une part de responsabilité dans une situation que vous devez tout accepter derrière.

Vous pouvez assumer ce que vous avez fait sans abandonner vos limites.

Vous pouvez reconnaître la souffrance de quelqu’un sans lui donner tous les droits sur vous.

Vous pouvez même présenter des excuses et partir quand même.

Vous avez le droit de vous protéger

Reconnaître votre responsabilité est une attitude adulte.

Vous laisser punir indéfiniment n’en est pas une.
 

Si une personne dépasse régulièrement vos limites, vous fait culpabiliser pour justifier ses comportements ou vous empêche systématiquement de réagir en ramenant tout à vos propres erreurs, il devient important de remettre de la séparation dans l’histoire.
 

Qu’est-ce qui vous appartient ?

Qu’est-ce qui lui appartient ?

Et surtout : qu’est-ce que vous ne voulez plus accepter, quelle que soit la culpabilité que vous ressentez sur le moment ?
 

Le savoir ne suffit malheureusement pas toujours à réussir à réagir.

Lorsque vous êtes pris dans la situation, votre corps peut paniquer, se figer ou chercher à apaiser l’autre à tout prix. Vous pouvez connaître parfaitement vos limites et ne plus réussir à les retrouver au moment où vous en avez besoin.
 

Dans la vidéo associée à cet article, je vous explique plus concrètement comment séparer les responsabilités de chacun et vous protéger lorsque votre culpabilité vous pousse malgré tout à laisser passer des comportements inacceptables.
 

Regarder la vidéo : C'est pas parce qu'on comprend qu'on doit tout accepter (abus, toxicité...)


Pour commencer, retenez simplement ceci :
 

Vous êtes responsable de vos actions.

L’autre est responsable des siennes.

Vous pouvez avoir déconné sans mériter ce qu’on vous fait subir derrière.

Et vous n’avez pas besoin d’être parfaitement innocent pour avoir le droit de vous protéger.

bottom of page